31 mars 2008

Fesses

    Tu ne cèderas pas à l’hypocrisie, ce n’est pas la fente, origine du mot fesse, qui t’intéressera mais les deux lobes musculoadipeux que tu accroches lorsque tu me demandes.   Tu réuniras mes deux hémisphères, ils s’auto grefferont par amour et donneront un enfant dans quarante semaines.   La lumière de mon corps provenait de mes fesses, le soleil n’a rien vu pendant toutes ces années où nous nous allongions sur les transats de la piscine municipale.   J’ai les fesses, tu as le bassin. Le charme... [Lire la suite]
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23 mars 2008

Poils

Anagramme : polis. Blonds, dorés, discrets, ils perturbent la surface de la peau comme des filets dans le ciel attrapent les papillons. Ils envahissent mon visage quand je ne le voudrais pas mais ensorcellent bras et jambes comme tu ne le voudrais pas. Par eux la lumière défile ses aiguilles ondulées. Je n’y comprends rien, ils sont là, toujours là, un peu plus clair quand il fait soleil.
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23 mars 2008

Lèvres

Muqueuses de l’oralité, parenthèses du silence, le rideau de toute histoire. Quelques rides tentent de coudre des expressions permanentes sur mes ourlets de chairs. Tu liras sur mes lèvres les mots et les caresses des mots, les phrases et les baisers des phrases. L’humanité a déjà fait des tonnes de poèmes sur le sourire, j’inverse la situation : je n’offre rien ! Lèvres décousues, vie  foutue.
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13 mars 2008

Larmes

Le pluriel lacrymal est antiseptique : il protègera tes yeux, ceux-ci ne me verraient plus. 0.1 millilitre à l’heure, c’est peu mais c’est une production qui se raréfie avec l’âge. On lui prête toute sorte de pouvoirs magiques dans les pays lointains que je ne connais pas. Les diamants se sont fabriqués avec du carbone sous pressions : avec mes larmes, tu devais obtenir les plus beaux carats, surtout lorsque j’aurai achevé mon œuvre. Tu n’es pas une femme à bijoux mais tu deviendras une femme à larmes.  ... [Lire la suite]
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10 mars 2008

Oreilles

Mes pavillons de plaisir. Lobes, conques, volutes, hélix, tragus… De mes nuages de chair, torsadés comme un fruit confit, invisibles comme une fleur : que puis-je donner ? Les paraboles dressées à la porte de mon cerveau assurent un gardiennage précieux. Les petits poils blonds qui poussent à l’entrée du conduit auditif décoiffent les moucherons indésirables, le cartilage intercepte les sons jusque dans le refuge des coussins. N’est-ce pas la raison pour laquelle le mot oreiller a intercepté appuie-tête ?
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04 mars 2008

Ailes

Je te donne les ailes qui m’envolent chaque soir un peu plus loin dans mes rêves. Je ne sais pas d’où je les tiens ni à quoi elles ressemblent car je ne les vois jamais. Je ne sais pas exactement où elles s’articulent dans mon dos. Je ne fais aucun effort pour les regarder, mon corps ne sait pas si elles existent parce qu’il ne les sent pas au bout des muscles quand elles se déploient. Je vole régulièrement chaque nuit. Une partie de moi regarde le monde circuler  sous son ventre, comme un oiseau, avec cette différence... [Lire la suite]
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