xavier ribot

17 août 2016

Mon atelier le 15 août

vue d'atelier 1

vue d'atelier 2

Mon atelier ? Il devient comme un poste de commandement… Oui, c’est ça : une offensive se prépare, les matériaux se déploient, les forces plastiques se comptent, une esthétique se profile, un plan de production se dessine. L’œuvre est en route.

L’artiste fait le tour de son atelier afin de découvrir l’état de ses matériaux, accumulés sur plusieurs années de sommeil dans l’espoir d’un réveil total, la plénitude artistique s’imposant face à la décomposition du temps de travail.

Je ne sais pas quelle œuvre produire parce que je ne veux pas le savoir. Produire, c’est achever une pensée. Bref, ça s’arrête. Ou bien on ne fait que ça pour éviter la mort de son idée. Produire, c’est formaliser les idées. Alors J’avance tout doucement, je joue avec mes matériaux, j’en teste les qualités, j’élabore un répertoire et un corpus dont le langage m’est familier mais avec cette crainte d’aller trop vite. Je place du temps afin de retarder la fermeture de l’œuvre parce que j’ai toujours voulu une production autonome : des œuvres qui traversent le temps, les modes, les âges et qui savent se renouveler.

Matériaux en ordre de production: savonnettes usagées, croûtes de pain,  affiches lacérées, écorces d'oranges et de pamplemousse, compresses stérile (mais plus maintenant), châssis, traces de peintures primaires.

 

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16 août 2016

Couple recousu

jupe&jean

Jupe&Jeans est un vieux tableau que j'ai restauré cette semaine. 90 x 90 cm, vêtements sur châssis en châtaignier. Oeuvre autobiographique des années 90. Que dire de plus?

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26 juin 2016

Homard propre

Il faut rentabiliser le matériel, les yeux du lave-vaisselle en savent quelque chose. J'aime les carcasses, les mots et les objets qui déroulent leurs matières jusque dans le fond de ma tête!

FOT8C14

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05 juin 2016

Moi, Maman et Lui

tenue correcte exigée

Tenue correcte exigée: j'habille mes idées dans le seul but qu'elles deviennent autonomes et se débrouillent toutes seules dans la vie

 

 

Maman et luiMaman et lui:

Je suis travaillé par les urnes funéraires: affaire à suivre!

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15 février 2016

Un mois de cardio-littérature

lectures cardiaques

Un mois d'hospitalisation = 12 livres que je vais résumer en quelques pulsations:

  1. Russell Banks, Lointain souvenir de la peau. Le rapprochement sociologue-SDF-condamné-pour-déviance-sexuelle y est intéressant, surtout si la déviance est moins sexuelle que parentale, le SDF étantrejeté depuis longtemps par sa propre mère. Roman polyphonique: narrateur et personnages s'entremêlent. Entre les descriptions, les narrations et les dialogues s'installe beaucoup de fluidité. Je regrette la fin, un rapide coup de théâtre peu convaincant.
  2. Pierre Lemaître, Au revoir là-haut. Roman chargé en contenus linéaires et narratifs mais jubilatoire par son scénario, axé sur une grosse escroquerie à l'émotion. En fait, ce qui est fort, c'est la présence d'une double escroquerie: la gestion des tombes après 1918 et la commémoration des héros... Une manière de bien souligner que la guerre est la première de toutes les escroqueries. Tant de modestes ou pauvres travailleurs envoyés sur le front pour satisfaire des idéologies éloignées de tout humanisme!
  3. Hédi Kaddour, Les Prépondérants. Un livre qui m' apporté beaucoup de plaisir; une belle surprise que ce roman centré sur l'histoire de la présence française au Maroc en 1922 et renforcé par une sorte de confrontation des civilisations. Islam et christianisme, France, Allemagne, Maroc, Etats-Unis; le cinéma, la morale, la guerre, l'amour, les idéaux. Ce livre brasse une époque précise comme s'il s'agissait d'une vérité générale, une permanence humaine entre ombre et lumière. J'en étais par moment à souhaiter meilleurs destins pour des personnages et puis l'histoire me rappelait à l'ordre. Les convenances morales ont une histoire qui pèse très lourd.
  4. Laurent Gaudé, Pour seul cortège. Un long poème relatant les funérailles d'Alexandre Le Grand. L'évocation des faits relève essentiellement d'une apologie héroïque, épique, emphatique. C'est lassant par moment mais cela ne dure jamais très longtmps. Tout ce qui est évoqué touche à la magie des récits mythiques: un manière de rendre hommage à l'aventure d'un conquérant exceptionnel.
  5. Fabrice Humbert, Avant la chute. Trois histoires presque parallèles, 2 se rejoignent, le sénateur mexicain et les soeurs colombiennes mais pas celle qui concerne les frères de la cité. Il s'agit d'un roman noir où chaque personnage est appelé à mourir, à l'exception du jeune frère. On peut s'interroger sur ce qui conduit l'auteur à dérouler des parcours aussi pessimistes. On s'interroge sur la chute, qui fait le titre de l'ouvrage, et on réalise que les destins sont fragiles et sans issues.
  6. Nathalie Azoulai, Titus n'aimait pas Bérénice. Bonne surprise! J'ai commencé ce livre en m'ennuyant et puis je suis passé aux dernières pages: là, j'ai compris que cette écriture cachait une belle réflexion sur la saveur des mots. J'ai remonté ce texte parce que j'ai lu tout Racine au lycée. Ce livre montre comment l'auteur de théâtre classique parvient à élaborer une langue à la fois simple et riche, à la fois concise et profonde. Grand est le plaisir de comprendre comment les mots se forgent en alexandrins. Phrase après phrase, la densité d'une pensée se développe sans que la narration faiblisse, les mots s'enchevêtrent autour d'idées miroitantes... il faut parfois relire le poème comme on agite une surface brillante pour mieux l'observer
  7. Isaac Asimov, Fondation. Un livre lu il y a tant d'années... J'ai profité de Cardiocéan pour relire un livre qui a marqué mon adolescence. Qu'est-ce qui m'avait tant plu? La diplomatie! Ce roman d'anticipation, premier d'une série de 3 textes, montre comment exister et, mieux que cela, dominer ses voisins quand on est qu'une petite planète sans ressources. Les atouts: créer une religion technologique, valoriser sa technologie de pointe en lui mettant des habits religieux. L'écriture est simple, il n'y a pas de discours, pas d'héroïsme: des individus prennent le pouvoir parce qu'ils savent comprendre le monde. Pas de batailles mais des arguments de bonimenteurs et un peu d'espionnage.
  8. Jean-Pierre Binet, Mais qui a tué Roland Barthes? Texte original puisque mêlant enquête policière et vie politico-intellectuelle parisienne. Toutefois, j'ai abandonné la lecture à mi-parcours: le déséquilibre progressif entre les cibles de l'écrivain réduit le suspense à du bavardage. Dommage car l'idée d'une 7ème fonction du langage, tenue comme un secret d'Etat, me plaisait bien!
  9. Christophe Boltanski, La cache. Une écriture très élégante, une facilité à expliquer les choses familiales dans un contexte historique compliqué. Le monde juif évoqué ici sans à-priori, au delà de toute tradition, donne à ce texte l'allure d'une chronique où le lecteur est invité à prendre sa part.
  10. Marc Bressant, La dernière conférence. Ce livre se présente comme le journal personnel d'un ambassadeur détourné de sa zone de compétence, le Japon et la Chine, pour présider la délégation française d'une conférence sur la "sécurité et la coopération en Europe", d'octobre à novembre 1989...Période historique charnière puisque le Mur de Berlin va tomber! L'intérêt de ce texte repose sur le témoignage subjectif d'un diplomate célibataire et âgé, faisant progressivement connaissance de l'amour. Les histoires politiques et sentimentales sont très habilement imbriquées les unes dans les autres.
  11. Jeanne Benameur, Profanes. Scénario bien littéraire: un vieux médecin revient sur la mort de sa fille à l'âge de 17,5 ans et sur la fuite de son épouse, parce qu'il a refusé d'opérer sa fille en la confiant aux soins d'un ami qui, finalement, était son amant. Le vieillard sollicite l'aide de 4 personnes pour accompagner sa fin de vie et refaire le deuil de l'enfant et du couple. Ces quatre personnages introduisent leurs propres intrigues dans l'évocation des faits qui nous intéressent, ce qui est censé faire oeuvre devient trop apprêté à mon goût.

  12. Nancy Huston, Bad girl. Un texte qui ne s'annonce pas autobiographique mais qui se construit rapidement dans cette voie - on peut écrire et comprendre ce terme comme on veut car il est question de très nombreuses références, dont on consulte la source en fin de livre. Ce qui me plaît dans ce texte, c'est la possibilité de construire un récit uniquement en interpellant les personnages. Construire par morceaux non pas linéaires mais événementiels ou bien biographiques ou encore référentiels. Il suffit de faire émerger une idée, un mot, un fait pour que cela devienne la clé d'un chapitre. Dialoguer avec soi-même et ses références permet d'élaborer un récit non artificiel - car c'est un peu cela le roman, n'est-ce pas? Nancy Huston avance par petits morceaux de textes: il faut beaucoup tourner les pages pour avance dans ce livre! On réalise au final qu'il n'y a rien de plus linéaire que la ligne... What you see is what you see (Frank Stella)

 


03 janvier 2016

2016 : As-tu du coeur?

 

Puisque mon cœur a rendez-vous avec une valvuloplastie en janvier, autant rester dans le thème pour réfléchir à la nouvelle année.

J’avais besoin de voir un cœur de plus près.

 Je mangeais des oranges siciliennes, que je pelais soigneusement parce que l’écorce faisait feuille dans ma main. Feuille et forme tout à la fois orange, peau, multiple et caduque.

 La terre est bleue comme un orange. Le poème d’Eluard, dont je ne connais que le premier vers, s’est vite interposé.

 Le cœur est une planète Les peaux d’orange en sont la protection…

 Nous épluchons le temps, ses fruits donnent couleur  et lumière pour que notre cœur poursuive son voyage.

 2016, une nouvelle étape pour ce voyage

 Meilleurs vœux !

VOEUX2016

 

D’autres images sont venues, comme celle-ci :

Une illustration satellite, ce qui tourne autour de nous alors que c’est le contraire depuis toujours.

moncoeur2016

D’autres images sont revenues, comme celle-ci :

Une toile légèrement bombée avec de la mousse expansive, des cendres, une peinture acrylique couleur chair et puis un anneau de pages économiques. Une production ancienne, oubliée dans mon atelier mais toujours aussi bavarde !

coeur économique

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21 décembre 2015

2015 l'année de tous les pirates

Et ça ne fait que continuer: on pourrait presque y voir un remake de l'inquisition et autres dictatures idéologiques...

DAESH

il y a longtemps que nous observons un foyer de pirates se développer (au nom de la foi) avec l'aide de nos propres enfants

FN

à qui profitent les crimes?

rétro sceptique

Réseau social: je n'ai pas pu m'empêcher de réagir à la proposition de Facebook. J'aurais pu commencer par "je suis Charlie" et terminer par la menace déroutée du Front National mais cette image de l'état islamique m'obsède. Ce qui est bien, avec DAESH, c'est que le mot "islamique" disparaît: une sorte de respect pour les musulmans. Le sinistre acronyme fait de l'ombre aux démocraties... J'ai changé le noir par la couleur du pétrole et puis j'ai pensé aux épées des académiciens français, pour les sabres des médiatiques égorgeurs.

best world friend

Depuis que j'ai lu que les riches étaient toujours plus riches, je rince mes pinceaux avec les larmes de la décence. C'est mauvais pour les poils mais l'image est meilleure.

Bonne fin d'année

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01 octobre 2015

Pourquoi faire simple quand on peut faire Gehry?

SAS

Fondation Louis Vuitton

Fondation et Empire... De retour dans le bois de Boulogne, j'ai voulu voir de plus près le vaisseau spatial posé par Franck Gehry voici un an. Amis photographes, ne faites pas comme moi! J'ai sorti mon téléphone pour appeler l'architecte et lui demander de retirer son pictogramme vert mais c'est le service photgraphique de mon smartphone qui a pris le relais, pensant déjouer les noeuds poutrelliques.

SOS

Pendant des heures et des heures, l'emprise des images a eu raison de moi.

SSS

Quand je reviendrai, je laisserai mes armes technnologiques à quai et grimperai sur la terrasse:

SOO

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21 août 2015

l'artiste fait ses bagages d'été?

C'est Picasso qui serait d'accord: non seulement je travaille avec une idée vague mais je remplis mon atelier au point de bientôt me mettre dehors. Que puis-je avoir à dire quand tant d'images circulent? Elles forment une matière première riche et plus riche. Réelle et plus réelle: tant d'images et toujours plus d'images. Je module une oeuvre sous forme de carrés 50x50 cm qui ne soient pas images mais matière première. Ca commence par un conflit: si je ne verse pas dans le street art avec mes récupération d'affiches?

atelier 2015 1

En ce qui concerne les pages roses du Figaro, elles sont dans la continuité de la couleur chair que j'ai beaucoup utilisée.

 

 

volume xavier ribot

 

 

 

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05 mai 2015

Le Temps, vrai Nobel de littérature

Glyphes du temps N° 58Ma petite promenade dans Ramatuelle, village-spirale ouvert aux touristes, s'est arrêtée sur ce mur: je ne sais pas ce qui est écrit dans ces glyphes du temps mais le message mérite bien d'inscrire l'auteur en tête des Nobel.

Le tracé ne correspond pas à un collage, il est trop aléatoire et parfois ramassé sur lui même. On retrouve la forme circulaire du village, les maisons fermant les rues, sans cardo ni decumanus.

Je ne voulais pas faire de jeu de mots mais comment nommer ces signes? Je sortais des Rencontres photographiques de Niort, le terme "graphein" restait collé à mes pupilles et j'avais encore en mémoire les signes mayas qu'abrite le musée des Amériques, à Madrid.

glyphes du temps N°1Cette image de rochers, prise à proximité de Ramatuelle, me laisse entrevoir un long corpus plaidant en faveur du grand Nobel de littérature.

Est-ce pour autant intéressant? Les glyphes du Temps pourraient nous dérider mais l'inverse est incertain.

Ami lecteur, passe ton chemin. Merci de m'avoir accordé quelques secondes.

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