02 janvier 2012
Chronique votive 2012
mes voeux de bonne conduite avec aire de repos, place de la cathédrale à Toulon:
15 novembre 2011
un citron qui se dandine comme un oeuf à la coque
15 octobre 2011
été, automne, printemps
La rédaction du livre Eté, automne, printemps est terminée. Ci-dessous en 3 extraits, les débuts de chacune des parties de mon texte.
Eté, Acte1:
Je fais quoi maintenant ? Rupture de contrat. Ma vie disparaît. Une civilisation entière à toi tout seul. De quoi ? Mais de quoi ? Je te sais impulsif. Je te crois réfléchi. Le téléphone a sonné : j’en suis là. Une tonne de questions pour faire contrepoids mais ça ne marche pas. Tu me livres tes faiblesses en gage de confiance. Grosses livraisons. L’amour, un chantier perpétuel dis-tu. Je ne m’arrêterai pas de vivre parce que tu l’as fait. J’écris pour comprendre. J’écris à voix haute pour que tu m’entendes. Ce papier c’est ta peau, le visage a disparu mais je caresse la joue des phrases qui pleurent sous ma main. Ce n’est pas moi qui verse les larmes mais toutes les personnes que tu as fait naître en moi, toutes les envies que tu as semées. Inconscient ! La blancheur des feuilles ne sert pas qu’à favoriser l’encre. Ecrire c’est dérouter ton linceul. J’écris parce que je ne comprends rien. Toutes les sécrétions de mon corps vont ressortir dans ce livre, elles vont ressurgir et se mélanger pour former des mots, des phrases, un livre que j’abandonnerai au milieu de ma bibliothèque. Je savais bien que les étagères étaient morbides, un silence à poussière auquel tu vas participer. Tu seras écrit, ta semence perdra sa blancheur ; par mes yeux elle ressortira. Mate, parcheminée. Il n’y aura plus de matin sur mes hanches, plus de caresses, plus de pressions aux endroits que choisissaient les paumes de ton désir. Comment faisais-tu pour me désirer quotidiennement ? Il n’y avait guère que les soirées alcoolisées pour te contredire. Tu me secouais comme une effervescence sucrée, pleine de rêverie, de culture et d’encouragement pour mes projets. Chaque centimètre carré de mon âme devenait sensible à ton charme, j’entendais des chuchotements dans ma poitrine lorsque tes yeux se posaient sur mes lèvres, le sol se dérobait. Je me réveillais encerclée par ton corps. Tu as tout fait pour notre amour et tu m’abandonnes. Tu m’abandonnes et tu nous abandonnes. Pourquoi m’exiler comme ça ? Une souffrance aveugle commence à s’emparer de mon corps. Comment peux-tu croire que j’acceptais tes éloignements ? [...]
Automne, Acte2:
Un téléphone repose dans la paume de sa main. Un combiné noir avec une antenne chromée. Carré, robuste : peut-être l’un des premiers téléphones sans fil en vente dans les années 80. Le vêtement qu’elle porte n’a pas d’âge, juste un peu d’élégance : une longue robe tissée avec du coton et du lin, couleur unie entre le noir et le bleu. Les manches trois-quarts laissent la lumière s’accrocher sur la peau âpre des avant-bras. On devine un corps souple, un corps souple à l’intérieur et rêche à l’extérieur, posé par hasard sur le banc. Les jambes sont protégées par des collants, elles se croisent au niveau des chevilles. La posture affalée de la femme se termine là, une sorte de cascade maintient sa fatigue : la tête penche d’un côté, le buste de l’autre, les cuisses obliquent en suivant le visage. Est-elle assise ? Plutôt bloquée par les lattes du dossier. Personne ne la remarque, elle ne remarque personne : chacun vaque à ses préoccupations le plus rapidement possible. Le square est là parce qu’il y avait un espace vide à réorganiser entre les commerces, il sert aux amateurs de glaces et de sandwiches. La femme est là, on ne sait pas pourquoi. On ne sait pas à quelle heure elle est arrivée. L’écharpe en tergal qu’elle porte dénouée sur les épaules semble encore s’opposer à la brise matinale mais l’étoffe se joue du temps en le bariolant de ses couleurs acidulées. Un esprit rode sur cette vieillesse mutique, faisant d’elle une marionnette diaphane posée sur un meuble, en attendant le retour de son propriétaire. Iris dilué, le regard s’abime dans un silence noir. Les paupières s’abaissent de temps en temps pour rafraîchir l’intensité de ce silence noir. Le vent éparpille les mèches autour du visage : des flammes qui s’élèvent après de longues années de combustion sourde. La chevelure est coiffée comme les rides du visage, une organisation serrée, soignée, très ferme. Une beauté dépossédée par le temps, cloîtrée dans une posture inerte. [...]
Printemps, Acte 3:
Descendre pour respirer l’air frais du dehors : je suis la première devant les falaises qui tombent. Elles tombent dans la mer, elles tombent comme la banquise que j’ai vue dans un film. C’est beau. Je voulais être la première à voir ça. On dirait un feu de pierres, c’est nu de végétation. Si long, si clair. La banquise, elle brûlait sa glace par avalanches. Je veux être la première à prendre le paysage en photo, rien que les rochers, personne devant. J’ai mes raisons : le silence, la découverte. Je suis une vague qui éclate sur le paysage : j’emporte le paysage avec moi. J’ai plaisir à sortir comme ça avant les autres. Les autres peuvent rire, avec tout le bruit qu’ils vont faire, et leurs bavardages au milieu des visites. Ils parlent sans regarder vraiment, seulement des coups d’œil. Après, ils diront : « j’ai fait le zoo, j’ai fait le musée, j’ai fait le château ». Ils font du bruit, ils prennent toute la place. C’est n’importe quoi des fois. Ce n’est pas parce que le voyage ne me coûte rien, ce n’est pas parce qu’ils ont payé leurs places. Et en plus, c’est mon dernier. Je ne cache pas mon bonheur, je le dis comme je le pense à la maîtresse. Toutes ces belles choses qu’elle me fait découvrir : hier, le château était immense, immense ! Que des cheminées et des fenêtres, on aurait dit des chapeaux de magiciens. Pour cet après midi, ma tante pense que le musée devrait me plaire parce qu’il explique bien le débarquement, il n’y a pas que les armes ou les uniformes, heureusement. C’est sûr, elle aurait pu m’accompagner, on s’entend bien… Mais bon… Je lui ai fait croire que j’étais un groupe de copines. On m’a dit qu’il n’y avait pas de voyage comme ça au collège, je préfère passer mon dernier comme d’habitude. En plus, il est exceptionnel : deux jours ! Pour les 10 ans de l’Association. C’est la fête ! Les gens du village sont quand même bavards ! Dès qu’ils sont plusieurs, dès qu’ils se retrouvent : hop, c’est parti : et blabla ci et blabla ça… Les parents nous déposent à l’école plus pour se retrouver et discuter leurs histoires. On m’offre le voyage parce que je suis première en classe, j’ai beaucoup de chance. [...]
été, automne, printemps texte romanesque de 37 000 mots en 3 actes et une postface
21 août 2011
RIBOAT
Mon nom est synonyme de bateau: comment j'ai su écouter le message de ma serviette, comment j'ai fait du bateau cet été sur la pointe de l'Istrie, comment j'ai photographié la mer qui passait par là...
Certes, rester allongé sur des rochers avec un simple tissu n'éponge pas toutes les difficultés, il y a un moment où il faut remuer la chair endolorie.
01 juillet 2011
coupes de cheveux



1 juillet 16 septembre et 26 octobre
20 juin 2011
La biodiversité entre 2 refuges
La peau diversité en refuges
Mes œuvres se présentent comme des quarts de sphères capables d’abriter des promeneurs.
Deux refuges à proximité d’une vaste plaine fertile, Conie-Molitard dans la Beauce, invitent le promeneur à réfléchir au sort qui est fait à l’homme dans sa part d’animalité : vache et félin, entre domestication et sauvagerie. Entre humour et interpellation écologique : surprendre le promeneur en le mettant face à des « images» en décalage avec ses motivations. Dans une vallée paisible, l’artiste alimente l’imaginaire des aventuriers pédestres.
Quand les choses disparaissent, elles deviennent belles.
On jouera sur la complémentarité des formes, leur référence à la Planète mais aussi la possibilité de fermer toute question en rapprochant ces refuges au plus près l’un de l’autre.
Le panneau indicateur d’animalité, par sa conception multidirectionnelle, nous laisse espérer des voies de passage synonymes d’espoirs.
Si la biodiversité fait partie de notre schéma de penser le XXI ème siècle, elle n’est pas forcément dogmatique…
Le refuge des joueurs oubliés: en effet, ce stade est oublié des joueurs depuis de nombreuses années, tout comme l'animal qui y a laissé sa peau, face aux vestiaires et aux tribunes fantômes. L'espace verdoyant est un bel écrin pour l'abri conçu à la base comme un morceau de sphère. Et très calme!
Les animaux disparaissent dans le ciel comme des girouettes; carnivores, herbivores, omnivores qui mal y pense.
Peut-on en rester au stade de l'hélice, poser à plat ses idées?
Cela pourrait s'appeler abri vache parce qu'il n'y a que des moutons dans l'enclos qui le borde.
08 mai 2011
Soupe de poissons méditerranéenne
Essentiel: profiter du spectacle de la pêche miraculeuse.
27 mars 2011
FIBER ART
Mon sèche-linge fait du "fiber art" sans me le dire! Heureusement que Bernard d'Agesci m'avait prévenu!
Qu'est-ce ? Des fibres coincées dans le filtre du sèche-linge...
13 mars 2011
Cent titres pour un puits de lumière à Melle (79)
Cent titres pour une réponse humoristique au concours de la ville de Melle
A la question du "regard", j'avais créé en 2003 un puits de briques de verre déformant les écritures pour la biennale de Saint Brieuc.
Cette fois-ci, l'idée de récompenser les lauréats - notamment le cadeau d'une valeur de 100 € donné par les scolaires - m'a conduit à proposer moi-même des billets de 100€.
J'ai fabriqué des coupures à la dimension des briques de
verre, ça c'est le côté autonome de l'artiste.
J'ai imprimé des coupures recto verso, ça c'est le côté outlaw de l'artiste.
j'ai placé mes billets au milieu du puits de lumière, comme un anneau saturnien, ça c'est le côté rêveur de l'artiste.
J'ai pensé que cent titres ça laissait un peu de monnaie pour les spectateurs.
02 janvier 2011
Naissance de l'hiver
Voici une synthèse de la Naissance de Vénus et du Printemps de Botticelli. On peut y voir une suite réussie du lâcher de neige opérée à Noël. C'est un moteur à 3 temps:





















