vue d'atelier 1

vue d'atelier 2

Mon atelier ? Il devient comme un poste de commandement… Oui, c’est ça : une offensive se prépare, les matériaux se déploient, les forces plastiques se comptent, une esthétique se profile, un plan de production se dessine. L’œuvre est en route.

L’artiste fait le tour de son atelier afin de découvrir l’état de ses matériaux, accumulés sur plusieurs années de sommeil dans l’espoir d’un réveil total, la plénitude artistique s’imposant face à la décomposition du temps de travail.

Je ne sais pas quelle œuvre produire parce que je ne veux pas le savoir. Produire, c’est achever une pensée. Bref, ça s’arrête. Ou bien on ne fait que ça pour éviter la mort de son idée. Produire, c’est formaliser les idées. Alors J’avance tout doucement, je joue avec mes matériaux, j’en teste les qualités, j’élabore un répertoire et un corpus dont le langage m’est familier mais avec cette crainte d’aller trop vite. Je place du temps afin de retarder la fermeture de l’œuvre parce que j’ai toujours voulu une production autonome : des œuvres qui traversent le temps, les modes, les âges et qui savent se renouveler.

Matériaux en ordre de production: savonnettes usagées, croûtes de pain,  affiches lacérées, écorces d'oranges et de pamplemousse, compresses stérile (mais plus maintenant), châssis, traces de peintures primaires.