30 juin 2008

Joues

Bonjour, au revoir : la famille puis les copines et les enfants y posent des baisers. Enfants, elles ont reçu des claques et des caresses. Plus de claques que de caresses. J’y livre chaque jour une bataille contre des poils prêts à tout pour envahir le bas de mon visage. Certes, j’ai pu laisser le champ de mes joues libres pour quelques expériences pileuses mais celles-ci n’ont jamais connu de longévité. L’acné et la varicelle m’ont offert des aventures dermiques particulièrement prononcées. Le mot douceur y est... [Lire la suite]
Posté par xavierribot à 13:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 juin 2008

Les cuisses

Longtemps j’ai blotti mes mains entre les cuisses, repliant mes jambes pour dormir en chien de fusil. Cette position était un peu fœtale, je sentais mon corps lové sur lui-même, bien enfermé dans sa chaleur pour mieux dormir. Les mains jointes, tout près de quelques muscles plats et détendus, disaient ce réconfort. Mes cuisses  sont gorgées de chair, tu pourras mordre dedans avec tes yeux, tu pourras planter dedans le vernis fraise de tes ongles. Leurs poils devraient plaire à la paume d’une de tes mains, peut-être... [Lire la suite]
Posté par xavierribot à 14:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]
13 juin 2008

Pièces détachées, Ford détachée

La Ford Escort est découpée, elle va bientôt se squelettiser. La question est de savoir quelle couleur elle prendra: rouge, rouille ou blancheur osseuse? Qu'en pensez-vous?
Posté par xavierribot à 09:06 - Commentaires [5] - Permalien [#]
13 juin 2008

Les 5 sens

J’ai questionné mes sens, les 5 sens, et je me suis dit que l’art était un sixième sens. Encore que le pressentiment soit souvent lui-même posé comme un sixième sens. L’art donne du sens aux sens, l’art donne sens à la pensée. Et puis je me suis dit qu’il ne fallait pas souffrir du vertige, tant le mot sens était polysémique. Puis-je te donner mon toucher ? je me suis renseigné, j’ai réfléchi : si tu devenais insensible cela serait dû à la disparition du toucher. En effet, si tu perdais l’ouie, ce serait la... [Lire la suite]
Posté par xavierribot à 08:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]
02 juin 2008

La main gauche.

Un réseau de veines et de phalanges articulé au plus près de la volonté cérébrale mais distancé, toujours distancé, par la main droite. Détachée du bras, elle saisira l’air, le temps, les senteurs et le goût des choses incompréhensibles. Le temps d’être nulle part donne une chance à la force de vivre tout. C’est bien elle qui prend ton  visage pour l’approcher de mes lèvres tandis que l’autre descend tes reins. Elle perle moins, c’est un peu la petite dernière.
Posté par xavierribot à 13:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]
02 juin 2008

La Main droite

Je vais découper ma main droite pour que tu la gardes bien chaude, auprès de toi. Toi, ta joue, ton ventre, où tu veux, comme tu veux. Je te prête une main, tu la rends ce soir. Je te laisse l’originale, je garde la copie. Je te fais confiance, je veux que mon corps l’accompagne. Une partie de moi. Une toute petite partie, celle qui bouge le plus, celle que tu me réclames toujours. Ma main n’attend jamais que je la commande, elle se pose sur toi comme n’importe quel papillon sur une fleur. Elle ne m’obéit pas, tout comme les... [Lire la suite]
Posté par xavierribot à 13:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 mai 2008

Abdomen

Tablette de chocolat par la distribution des muscles, valise diplomatique pour ceux qui prennent l’embonpoint comme une source de rente corporelle. Ce n’est pas mon ventre qui est plat, c’est l’absence de rondeur qui persiste. Il n’y a pas d’outrepassement abdominal que ce bouclier de chair tout juste martelé par des irrégularités dermiques ou bien tendu sur des lipomes incongrus. Des grains de beauté rythment l’élancement des surfaces glabres et dorées. Il n’y a pas le balancement d’une hypertrophie aqueuse, il n’y a que... [Lire la suite]
Posté par xavierribot à 08:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]
19 mai 2008

Larme

Une goutte d’eau salée roulant sur la joue, une bille informelle qui s’écrase dès qu’on la palpe, une bulle d’émotion échappée de l’âme, de sorte que l’accent s’est effondré sur le r. C’est tout cela et si peu versé à chaque fois : une fiole se fait attendre pour recueillir la mienne.
Posté par xavierribot à 09:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]
19 mai 2008

Viscères

Viscères       Le foie, les reins et la rate, ces viscères que tu laveras soigneusement puis enduiras d’onguents parfumés, termineront au Louvre, dans des vases canopes après avoir soulevé la tête des fauves qui font couvercles. Nous avons souvent admiré ces vases oblongs, opaques et silencieux, que les musées d’archéologie alignent dans leurs vaisseliers. Nous nous interrogions sur l’état de décomposition de leurs contenus, eh bien tu auras l’occasion de refaire l’histoire avec quelques-uns de mes organes filtrant.... [Lire la suite]
Posté par xavierribot à 09:33 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,
22 avril 2008

Veine

La circulation sanguine emprunte tous les chemins de mon corps, c’est pourquoi le mot veine est synonyme de chance. J’ai décidé qu’il n’y avait qu’une seule veine dans mon corps, prends-la avec cette idée d’inspiration poétique qu’on lui donnait autrefois. Tu as admiré plus d’une fois le réseau bleuté qui affleurait dans le creux de mon coude ou bien sur le dos de ma main. Nous avons géographié les apparitions du sang lorsqu’il se faisait bleu comme la planète, asphyxié mais confiant. Calcule voir le nombre... [Lire la suite]
Posté par xavierribot à 12:01 - Commentaires [1] - Permalien [#]